« Maëlle m’a demandé d’écrire un petit texte pour présenter la compagnie. J’ai commencé. Poncifs, pirouettes à deux balles, grandes théories sur le théâtre. J’avais quand même réussi à éviter de dire : « Il faut remettre le théâtre au coeur de la cité »  alors j’étais content mais quelque chose n’allait pas. J’allais de brouillon en brouillon. Je raturais. Alors je me suis rappelé d’un petit texte que j’adore, que j’avais envoyé à quelqu’un que j’aime, un jour de saudades. C’est un texte de Gilles Deleuze (citer du Deleuze, c’est un poncif j’avoue, mais ce texte ne sort pas de moi). Le voici :

« La tristesse, les affects tristes sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves. Le tyran, le prêtre, les preneurs d’âmes, ont besoin de nous persuader que la vie est dure et lourde. Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes.  Les malades, de l’âme autant que du corps, ne nous lâcheront pas, vampires, tant qu’ils ne nous auront pas communiqué leur névrose et leur angoisse, leur castration bien-aimée, le ressentiment contre la vie, l’immonde contagion. Tout est affaire de sang. Ce n’est pas facile d’être un homme libre : fuir la peste, organiser les rencontres, augmenter la puissance d’agir, s’affecter de joie, multiplier les affects qui expriment un maximum d’affirmation. Faire du corps une puissance qui ne se réduit pas à l’organisme, faire de la pensée une puissance qui ne se réduit pas à la conscience. »

Et  je trouve ça bien pour présenter une compagnie. Bienvenue sur notre site ! »
Thomas